Le Ciel d’Andrea

Documentaire - 90 minutes
Le Ciel d’Andrea
Auteur : Natacha Nisic
Réalisation : Natacha Nisic
Image : Natacha Nisic, Nathalie Durand
Son : Jean-Yves Pouyat
Montage : Natacha Nisic et Matthieu Augustin
Coproduction : Arte La Lucarne

Le ciel d’Andrea relate les circonstances hors du commun qui ont conduit Andrea, une jeune Allemande de Bavière, à devenir une chamane coréenne. Une révolution personnelle et culturelle dont l’enjeu est celui de la vie ou de la mort.

Andrea raconte son histoire à la première personne. Son initiation en Corée en 2007 a été filmée. Son récit est mis en écho dans les lieux qu’elle a traversés, filmés à nouveau en sa présence, ou vides.

Andrea est la fille spirituelle de Kim Keum Hwa, une chamane célèbre, mais aussi un « monument national vivant » dans son propre pays. Quelle est la nature de ce lien qui unit une «fille » et une « mère »  par une conversion spirituelle hors de toutes frontières de territoire et de culture?

 

L’initiation d’Andrea par Kim Keum Hwa représente la trace contemporaine d’une tradition culturelle vieille de plus de 3000 ans; le chamanisme a résisté à sa mise au ban par le confucianisme, le bouddhisme, ainsi qu’à l’évangélisme des Chrétiens de la fin du XIXe siècle, lorsque la Corée s’ouvre au monde.

Andrea est une figure centrale entre deux mondes qui se font face: l’Europe occidentale, héritière d’une pensée rationaliste des Lumières, qui n’a de cesse de tenter de consolider le concept de civilisation et l’Orient, figure lointaine masquée par les tentations de l’orientalisme, une lecture de l’Autre, inaccessible, parfois effrayante, mais séduisante d’exotisme. Le chemin d’Andrea est inédit, il fait se côtoyer notre panthéon classique, son propre héritage catholique ainsi qu’une cosmologie complexe et riche venue de Chine et de Corée. Comment tous ces hôtes peuvent-ils être convoqués à la même table et se partager le même ciel?

Le ciel d’Andrea met en image, en texte et en musique, une inquiétante familiarité, un point limite de nos visions occidentales et ethnocentriques. Danser c’est soigner disent les chamans coréens, alors dansons sur les failles de nos certitudes.